28 juin 2007
Mièvre
Je n'arrive pas à écrire des trucs mignons sur mon bébé
Il est mignon mais non, je ne sais pas faire ça
En plus, quand je pense à mon bébé là
Je pense à ses croûtes de lait dont je n'arrive pas à le débarrasser
A son exzéma qui lui ravage la figure
A ses fesses rouges, cuites, qui pèlent
A des trucs dans ce genre-là
Il a une mère un peu bizarre mon pauvre bébé
C'est sûr, il a de mignons petits yeux bleu marine
Des petites joues élastiques
Une petite bouche à tomber
Des petites mains... de bébé
Des petites cuisses potelées
Une façon de bouger et de s'exprimer qui m'éclate
Et mon amour pour lui grandit, de jours en jours, de plus en plus
Mais je ne sais pas parler de lui sans tomber dans le mièvre
Alors je préfère ne pas me forcer
Il est là, il trouve sa place doucement et la vie continue
27 juin 2007
Jalousie
Ta naissance
Intense
Inoubliable
Et douloureuse
Puis
Ton regard neuf
Attrapant pour la première fois
Un autre regard
Celui de ton père
Que tu ne quitteras pas
Pendant quinze longs jours
Ne m'accordant que
Enfin
Déjà !
Ta bouche
Rose et qui ressemble tant à la mienne
Ta bouche accrochée à mon sein
Les yeux fermés
Une goutte de lait
Entre la joue et le menton
25 juin 2007
Eblouie
Des petits yeux dont je n'ose espérer le bleu définitif
Se sont ouverts il y a quatre mois
Sur un monde pas si beau
Pas si bien
Mais qui existe quand même
Et avec qui il faut se mettre à table tous les jours
En essayant de lui trouver de jolis traits
Alors j'essaye
Et ce n'est pas si dur au final
De lui trouver un beau visage
A ce monde-là
Parce que près de moi
Il y a un petit corps tout rond, tout chaud, tout doux
Qui exige mon amour
Et qui pulvérise mes idées noires en des milliers de goutelettes scintillantes
Qui me laissent un peu plus éblouie chaque jour
23 juin 2007
Le miroir aux alouettes
Je mets un pas devant l'autre
Parce qu'il le faut bien
Je mange des trucs sans goût
Parce qu'il le faut aussi
Avant je ne pensais pas
Je ne savais pas
Que ça pouvait exister
Comment ça faisait
De souffrir comme ça
Maintenant je sais
Des gens ont réussi à me blesser
Comme jamais on ne m'avait blessé avant
Ils seront contents
Les gens
De savoir que ça y est
J'hurle un peu tous les jours dans ma tête
Et j'avance avec un bout en moins
Comme eux
Parce que
Vous comprenez
Ce n'est pas moral
D'avancer droit en sautillant sans faillir
De goûter la vie
Toute la vie
Comme on savoure un fraisier
Il faut bien que ça arrive à tout le monde
Le vrai malheur
Alors je mets un pas devant l'autre
Parce que j'y crois encore
Et je mange des trucs sans goût
Parce qu'un miroir
Ancré en moi
Me dit qu'un jour ça ira mieux
Comme avant
Mieux qu'avant
