La cabane de Lili

Un petit coin pour libérer mes mots...

01 juin 2008

Amour rentré

Du côté de ma mère, elles sont présentes et fortes au quotidien. Pleines de larmes et de fou-rires, pleines de drames et de sourires. Elles ne sont pas très tendres, elles battent même leurs enfants, elles ne savent pas donner ou bien elles donnent trop, du matériel et de l'argent, pour dire cet amour qui les font suffoquer.

La Mémé qui sort de son soutien-gorge le billet de cent francs pour des bonbons et des joujoux dans un souffle rapide et sec : "Ne dit rien à Pépé, ne dit rien et range ça dans ta poche !". La Marraine qui ne tient pas en place et qui brasse à grands gestes, et qui tousse, et qui pleure et qui offre à regret la poupée demandée. La Maman qui protège et qui couve, qui surveille et calcule, qui achète et achète des vêtements pour sa grande fille de bientôt vingt-six ans.
La table toujours mise à la bonne heure, les assiettes toujours et immuablement remplies, le deuxième service presque obligatoire, le beurre à outrance de la grand-mère qui a manqué pendant la guerre, les gros sacs de bonbons de la marraine qui a dû en manquer c'est certain, les petits plats préparés par Maman a qui je manque assurément.
L'amour maternel à câlins comptés, à caresses mesurées, à bisous esquissés... L'amour maternel brimé qui se sauve par les coulisses pour s'exprimer et éclater enfin par des "je t'aime" lancés comme des ancres au milieu des engeulades.

J'ai eu du mal à comprendre pourquoi, pourquoi cette façon de s'aimer, pourquoi cette façon de m'aimer... Je comprends doucement, je devine les confessions entre les lignes des fausses confidences, j'avance et je questionne, je remonte le temps et l'histoire pour savoir comment est né cet amour clandestin, quels sont les évènements qui ont enfermé cette belle fleur dans son bouton... Le chemin est long mais il me reste encore un peu de temps pour réussir un jour à ne plus être en colère contre celle qui m'a portée et accompagnée tant bien que mal sur le petit chemin clair de l'enfance puis sur celui plus sinueux de l'adolescence et,  peut-être qu'un jour moi aussi je  lui écrirais une lettre pleine d'amour au lieu de lui offrir un bête bouquet de fleurs coupées.

Posté par lilinetta à 00:14 - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Comme chaque fois, tu dis juste, tu touches vrai... J'ai connu un peu tout ça... et me voilà qui reproduis, en bien pire, ce que j'ai si souvent jugé...

Posté par Cécile, 01 juin 2008 à 15:23

Chère Cécile, merci de venir me lire... Que puis-je te souhaiter ??? D'approcher ton idéal ne serait-ce qu'un peu au moins.

Posté par Lili, 04 juin 2008 à 01:01

Trop forte Lili , trop vrai ce texte , ce serait bien de pouvoir l'écrire cette lettre .Moi je n'ai jamais pu .

Posté par patrick, 07 juin 2008 à 14:52

Patrick : Merci beaucoup, oui ce serait bien... Dans dix ans peut-être, le temps de mûrir un coup !!! :)

Posté par Lili, 08 juin 2008 à 02:11

Poster un commentaire







Rétroliens

URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=140422&pid=9398138

Liens vers des weblogs qui référencent ce message :