La cabane de Lili

Un petit coin pour libérer mes mots...

28 février 2008

Frontières et chocolats

Bibliothèque municipale, cours ennuyeux sur la construction européenne, concentration minimale, souvenirs d'enfance...
Quand j'étais petite, on allait parfois en Belgique pour se promener, acheter du chocolat, profiter des belles plages et faire un plein d'essence pas cher. Le passage de la frontière était toujours un moment plus ou moins stressant du voyage car on devait ralentir voire s'arrêter puis affronter les regards suspicieux que les douaniers jetaient à l'intérieur de notre petite voiture familiale. On avait toujours peur de se voir reprocher quelque chose. La frontière passée, la voiture se remettait à rouler vite, la tension retombait et je suis certaine que mes parents ne pouvaient s'empêcher de dire "Ouf !".
Et puis un jour, les douaniers ont disparu, comme ça... A côté du panneau "Belgique", il y en avait un autre avec des petites étoiles et c'est tout !
Au début, on ne pouvait s'empêcher de ralentir un peu, "on ne sait jamais", et puis après, plus rien... C'est à peine si le panneau étoilé retenait notre attention. Un simple passage d'une région à une autre.
Je me souviens de l'étonnement et des rires le jour où une boutique Léonidas s'est installée dans le poste de fontière désaffecté.

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14 février 2008

Un peu de toi

Toi qui supportes mon caractère lunatique depuis... Cinq Ans ? Déjà ?
Toi qui as regardé le soleil se lever sur la campagne lyonnaise avec moi après la première nuit blanche de ma vie.
Toi qui as pleuré lorsque je suis partie.
Toi qui m'as appris à passer plusieurs jours puis plusieurs mois sans pleurer.
Toi qui m'as adoucie et calmée.
Toi qui fais la vaisselle presque tous les jours qu'il pleuve, qu'il vente, que le ciel nous tombe sur la tête ou non.
Toi qui cuisines le salé et qui me laisses cuisiner le sucré.
Toi qui as plein de chansons en tête et un humour parfois fatiguant.
Toi qui lis par dessus mon épaule.
Toi qui me sers de bouillotte et même d'oreiller la nuit.
Toi qui es venu me rejoindre sur mon île glacée, brumeuse, pluvieuse et parfois ensoleillée.
Toi qui m'as donné un joli bébé dont je suis si fière.
Toi qui me passeras la bague au doigt, dans un peu plus d'un an.
Toi, toi, toi sans qui ma vie n'aurait aucun sens.

Aujourd' hui, alors que des tas de gens dépensent pour célébrer leur amour, je te dis "je t'aime" et c'est tout, comme hier, comme demain, pour toujours !

(Petite dédicace à celle qui m'a inspiré la forme de ce billet....)

Posté par lilinetta à 21:27 - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

08 février 2008

Petite danse pour coeur léger

Une petite danse avec mon bébé. Une petite danse collés-serrés l'un contre l'autre pour oublier que dans trois heures on saura, si oui, si non, si tout ira mieux, ou non. Une petite musique rien que pour nous deux, une qu'il connait bien, une que je lui chantonne au creux du cou, au creux de l'oreille, tout doucement et qui le fait sourire. Un sourire qui me rassure et qui me fait penser que je suis la bonne maman, celle dont il a besoin, que malgré tout, je fais ce qu'il faut pour lui.
Une petite danse, mon nez dans ses cheveux, mes bras autour de lui. Une petite chanson qui me rappelle qu'il y a de doux moments et qu'un jour on aura le coeur léger, qu'il y aura du soleil et un jardin, qu'il y aura de vrais moments de bonheur, sans entrave, sans épée de Damoclès, sans rien.

free music

Posté par lilinetta à 12:21 - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

04 février 2008

Matthieu

Le supermarché, les néons éblouissants, le fracas des caddies, les odeurs froides de viande et de poisson, le grésillement des congélateurs, le rayon des fruits et légumes multicolores... Mon pas rapide sur le carrelage moche. Je recherche Nicolas et ma vue s'embrouille devant la succession trop rapide des étals...

Mon regard en croise un autre, celui d'une maman affairée, poussant son chariot derrière un gamin qui trottine. Je la reconnais et lui souris en me disant que je la gêne, qu'elle a certainement autre chose à faire que de me dire bonjour, mais non, elle s'arrête. C'est la maman de Matthieu, elle l'appelle et lui dit : "regarde, tu connais cette dame !". Il me sourit et ce petit éclair qui traverse ses yeux me fait dire qu'il m'a reconnu. On se raconte un peu les enfants, je lui présente mon bébé, elle me parle de son déménagement, de ses filles restées à la maison, se pâme devant le doux bébé en disant : "Ah, qu'il est bellot ! Et quel joli prénom !"
Puis vers Matthieu je dis : "Comme il a grandi ! Tu es un grand garçon maintenant dit donc !" Ce petit blondinet en short de foot s'élance vers moi les bras ouverts et me dit d'une voix tellement claire et juste : "J'ai cinq ans !". Mes bras l'acceuillent pour un câlin-bisou naturel et tendre.

Matthieu, petite boule de deux ans et demi pleine d'énergie accrochée à mon bras pendant un mois d'été. "Trop imprévisible" pour les autres animatrices... Tellement petit et débordant de naturel pour ce centre de vacances inadapté à ses besoins de tout-petit. Matthieu, Anisa, Clara, Emma, Lina, Killian... Les 2-3 ans. Quarante loupiots débordants de vie, les yeux naïfs et la tête dans les étoiles. Si difficiles à rassembler, à endormir au moment de la sieste, à réveiller le moment venu... Quarante "bébés" qui n'avaient rien à faire là, qui auraient dû être auprès d'une maman... Au lieu de cela, une directrice désabusée qui ne parlait que "d'enfants difficiles" et de "quartier défavorisé". Des animateurs trop jeunes, effrayés, non-payés, d'autres trop vieux et autoritaires... Mon combat pour créer des petits groupes de six ou sept. Le spectacle de fin de centre, une salle de sport résonnante : tous les parents, les yeux tendus vers leurs petits déguisés dans la cacophonie. Les mains serrées, les "merci" émus des parents... Le sentiment d'inachevé et le départ sans au revoirs. Une ambiance tellement différente des autres colonies connues.

Matthieu quitte mes bras et repart en courant "chercher de la 8,6° pour Papa !". Je suis émue, ses parents ont su préserver sa fraîcheur d'enfant, malgré les difficultés. J'espère réussir à faire pareil avec mon doux bébé.

Posté par lilinetta à 00:32 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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